Monnaie

La fabrication de la monnaie romaine et le reste

Salut, comme je vous l’ai annoncé dans le précédent article, je vais aujourd’hui vous parler de l’environnement de la fabrication des monnaies romaines. Nous verrons donc qui la créait, comment elle circulait, qui la recevait ….Enfin tout de la fabrication à son utilisation sous l’Empire Romain. Bonne lecture.

Qui créait la monnaie ?

Avant toutes choses, il faut savoir que les monnaies romaines, pour être fabriquées, étaient frappées. Cela consiste à mettre une rondelle, appelée « flan », de cuivre, d’argent, d’or … selon la monnaie que l’on souhaite obtenir entre deux coins. Les flans, étaient fabriqués par des ouvriers et ces derniers devaient être très précis car la valeur de la monnaie future, dépendait du poids des flans. Les « coins » sont des cylindres d’acier sur lesquels sont inscrites les inscriptions devant apparaître sur la monnaie. Il y en a un pour l’avers et un pour le revers. On estime que chaque coin pouvait être utilisé pour environ 5000 monnaies. Ainsi, la future monnaie est placée entre ces deux cylindres et un coup de marteau était porté sur le coin supérieur pour imprimer les deux faces de la monnaie.

Cela fonctionne un peu comme l’impression à « l’eau forte ». Sans entrer dans les détails, une plaque de cuivre portant des inscriptions en relief était pressée contre une feuille de papier. Et ainsi, des creux de la forme des écritures apparaissaient et étaient remplis d’encre. C’est un peu l’ancêtre de l’imprimante.

Pour en revenir aux monnaies, les coins devaient être fabriqués. Mais qui est-ce qui les créaient ? Tout simplement, il s’agissait d’un graveur qui devait avoir énormément de talent et qui donc gravait les coins par le biais d’un marteau et d’un pointeau. Ce devait être une longue et fastidieuse tâche. Ainsi, beaucoup de graveurs dans tout l’Empire Romain remplissaient cette fonction.

Pourquoi aucune monnaie ne se ressemble ?

Aucune monnaie ne ressemble à une autre. En effet, les coins s’usaient avec le temps et l’utilisation et donc les détails étaient de moins en moins précis. Ou alors, le coins cassaient lors de la frappe. D’ailleurs, sur certaines monnaies, on peut apercevoir une sorte de fissure sur toute la longueur de la monnaie. Cette fissure n’étant que sur une seule face, elle était donc faite lors de la fabrication. Le coins alors frappé et certainement usé, cassait tout simplement en deux et la marque est à jamais restée sur la monnaie. Par conséquent, les coins trop usés pour être ré-utilisés ou encore brisés étaient remplacés. Alors les graveurs en créaient d’autres et comme les coins étaient fait à la main, aucun n’était similaire et donc, les monnaies aussi.

Maintenant, qui frappait la monnaie ?

La monnaie était donc frappée par des ouvriers qui exécutaient cette action toute la journée. Ce devait être une tâche de longue haleine car au vu des reliefs plutôt conséquents de certaines monnaies, on peut imaginer la force qu’il fallait pour avoir un tel résultat. De plus, les marteaux mesuraient plus de 1 mètre de long. De ce fait, il devait être difficile à manipuler et ce devait donc être dur pour être précis. On peut d’ailleurs s’en apercevoir lorsque l’on voit le décentrage de certaine monnaie.

Où les monnaies étaient-elles fabriquaient ?

Les monnaies étaient fabriquées dans des ateliers monétaires. Ces endroits rassemblaient tous les artisans intervenant dans la fabrication des monnaies et étaient donc de véritables usines à monnaies. Ils étaient dispersés dans tout l’Empire Romain et chaque atelier avait ses propres marquages. En effet, il y a avait bien évidemment le « tronc commun » comme les légendes de l’avers et du revers ou encore les « dessins » apparaissant sur les monnaies. Mais dans la légende du revers, chaque atelier rajoutait son marquage : la lettre d’atelier. Il pouvait s’agir d’une ou plusieurs lettres et elles avaient la fonction de renseigner sur le lieu de fabrication des monnaies.

Parmi les plus importants ateliers monétaires, nous avons Rome (R, RM, ROMA, VRB, ROM, ROMOB), Lyon ou Lugdunum à l’époque (L, LG, LVGD, LVGPS, PLG, LA, LB, PL, LP, SML) ou encore Trèves ( TRE, TROB, TR, ATR, STR, BTR, IITR, PTR, PTRE, SMTR, SMTRP, SMTRS, TRB, TRS, TRP, TROB, TRPS) pour ne citer qu’eux.

Comment les monnaies circulaient-elles ?

Les monnaies romaines circulaient donc dans tout l’Empire Romaine. Cela par le biais des marchands principalement. En effet, à l’époque, les gens ne pouvaient pas se déplacer aussi facilement que nous le faisons aujourd’hui. Ces derniers restaient principalement dans leur ville où ils résidaient ou allaient dans les villes alentours mais rarement plus loin. De ce fait, ce n’est pas eux qui faisaient circuler les monnaies mais les marchands. En effet, les marchands allaient de ville en ville. Par conséquent, les monnaies qu’ils avaient, voyageaient avec eux et se retrouvaient loin de leur emplacement d’origine.

Cependant, il n’y avait pas que les marchands qui faisaient « voyager » les monnaies. En effet, suite aux guerres et aux nouvelles terres conquises, les romains s’y installaient et donc emmenaient leurs monnaies avec eux. Il y avait aussi, des sortes de « cadeau » que Rome faisait parfois à ces provinces. Cela permettait de les aider à ce développer et à garder une paix relative. Mais en ce qui nous intéresse, ça faisait circuler les monnaies romaines. Maintenant, cette monnaie circulait.

Mais qui recevait de l’argent ?

Comme dit précédemment, certaines provinces recevaient des « subventions » de la part de Rome mais d’autres personnes recevaient aussi de l’argent. Tout comme aujourd’hui, les gens étaient payés pour leur travail. Soit par l’État soit par un patron ou par soit même si la personne vivait de son activité. En revanche, les esclaves n’étaient pas payés. Cependant, certains esclaves dit « publics » recevaient de maigres salaires. Aussi, l’État, recevait bien évidement de l’argent. De ce fait, les romains payaient des impôts mais aussi de amendes, des taxes, des frais de douanes … et tout cela allait au Trésor Public.

A quoi servait cette argent ?

L’utilité de l’argent n’était pas bien différente de son utilité actuelle. En effet, les romains s’en servaient pour acheter de la nourriture, des vêtements, des maisons, des esclaves ( pour ce dernier cas, ça à un peu changé aujourd’hui), … Pour l’État, l’argent servait à financer des projets (aqueduc, thermes …), des urbanisations (routes, villes …), la construction de bâtiments … Mais aussi et surtout, l’argent servait à financer l’armée. En effet, on estime que 40 à 70 % du budget de l’État servait pour l’armée. Évidemment, ces chiffres variaient en fonction de de la situation de l’Empire : s’il était en guerre ou en paix, de combien il y avait de soldats …

Dernière information

L’Italie sous l’Empire était la région la plus riche du monde. En ce sens, les citoyens romains vivaient avec en moyenne 50% de revenu en plus que les autres provinces. Par conséquent, l’économie romaine était plutôt bien rodée pour son époque.

Voilà, cet article est terminé. J’espère qu’il vous aura plu et que vous aurez découvert de nouvelles choses. Dîtes dans les commentaires à propos de quel sujet vous aimeriez que je parle pour un prochain article. En ce qui concerne l’article de la semaine, je vous présenterai « Le lexique de l’Empire Romain». A la semaine prochaine !

Article précédent : Les monnaies romaines en or

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2 commentaires

  1. Barthélémy a dit :

    J’apprécie grandement lire Vos articles, je trouve que vous avez une belle plume rendant vos post très agrable à lire. D’autant plus que ce qui est dis est vraiment passinonant, on se retrouve plongé dans un empire romain en quelques lignes !
    Merci à vous et bonne continuation.

    1. Cédric Astier a dit :

      Merci beaucoup pour ce commentaire, c’est très agréable de lire ce genre d’écrit.
      Passez de bonnes fêtes de fin d’années et une très bonne journée !

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